À propos

D’une thérapie à une passion…
Quand j’ai commencé à me mettre à la poterie, cela partait avant tout d’une volonté de me décontracter. Avec un poste à haute responsabilité et un agenda trop chargé, ma tension était en train de me lâcher. Atteindre moins de 8.5 a été le premier déclic. Je me suis mise en mode Hygge, j’ai acheté 22 livres sur l’Europe du Nord et leur modèle de bonheur. J’ai aussi amélioré la fréquence de mes cours de Yoga, et lu tout ce que je trouvais sur la permaculture (ne me demandez pas pourquoi!).
Déjà la vie a repris des couleurs et moi avec.
Pourtant le ver était sans doute déjà dans la pomme… Moins de 6 mois plus tard et un épanchement au sein gauche, on m’a diagnostiqué un cancer du sein. 2ème déclic. Plus brutal. Radical aussi.
Tout est allé très vite. Une ablation du sein totale et des ganglions, une chimio plus tard, une radiotherapie par dessus tout ça, une ménopause chimique en prime de clôture de protocole et mon corps avait changé.
Ma tête aussi. Surtout.
J’ai vendu les parts de ma société. J’ai repris le sport, sous les yeux admiratifs de ma famille et du corps médical, et j’ai choisi la vie.
La vie avec un grand V. Un grand I. Un grand E aussi.
Cela devait passer par le fait de se faire du bien et de se faire plaisir.
Alors dans la liste j’ai coché Bio, Cuisine, Sport, et 2 passions plus outsider: taillage de bois et surtout d’ustensiles divers et variés et…poterie, à qui j’ai donné mon temps, mon coeur, et peut être un petit bout de mon âme.
J’ai poursuivi les cours, hypnotisée par le tour mais aussi me délectant de la concentration méditative que cela me demandait pour tournasser, peindre, lisser. Ces cours sont devenus ma récréation, mon moment de respiration. Et d’expression, au moment où les mots vous manquent parfois et que la réalité semble décalée.
En parallèle, avec tout cela, nous avions pris une claque. En famille. Nous qui rêvions de partir vivre à l’étranger comme des sauvageons, ou de construire nous même notre maison en bois en Normandie, comme un refuge de guerrier douillet qui resterait pour toujours dans la famille. Une cabane bien à nous!
Alors, sans aller aussi loin, nous avons confirmé et validé notre souhait de partir au vert. Pas trop loin pour laisser nos enfants grandir près de la culture et d’études adaptées, mais au vert tout de même.
Aussitôt dit aussitôt fait. Nous avons vendu notre jolie maison en plein coeur de la ville et trouvé notre cocon avec un grand jardin, un poulailler et 3 poules dedans!, un potager en friche à restaurer et un espace de vie qui permettait d’imaginer des tas de choses pour nous 4, dont un atelier comme j’en rêvais…
Me voila donc dans la configuration que les hasards de la vie les moins heureux m’ont permis de mettre en place.
De nature positive, c’est avant tout ce que je retiens: mon cancer comme une occasion de basculer dans ce que tant de gens aimeraient finalement faire mais ne font jamais. Le fameux « après il sera trop tard ». Et puis il est trop tard, et les gens haussent les épaules. Tant de rêves abandonnés. Tant d’expériences jamais vécues.
Nous l’avons fait et nous comptons bien aller au bout de nos rêves, avec tout ce que cela amènera de jours heureux et moins, de surprises ou de doutes, comme dans toute aventure. Je le sais. Mais celle ci m’appartient plus que jamais aucune autre ne l’a fait. Et rien que pour cela, je l’aime déjà.
Ce Blog est la vitrine de tout un parcours, qui ne fait que commencer mais qui, je l’espère sincèrement, sera long et animé, haut en couleurs et en émotions, comme moi. Et sans doute comme les créations qui vont en découler et que je vais égrainer ici, au fil de mon inspiration, avec humilité mais surtout la plus grande des sincérités…